MTL Stats Pesticides en rivière · UTC

Glyphosate et pesticides dans les rivières autour de Montréal

…
Grandeur
Station
Vue

Du glyphosate dans les rivières autour de Montréal

Le ministère de l'Environnement du Québec échantillonne chaque semaine, de mai à septembre, une dizaine de rivières de milieux agricoles et y dose plus de quatre-vingts pesticides. Les quatre stations permanentes les plus proches de Montréal sont sur cette page : la rivière Saint-Régis à Saint-Isidore et la rivière des Hurons à Saint-Jean-Baptiste, en zone de maïs et de soya ; le ruisseau Rousse à Saint-Joseph-du-Lac, entre vergers et cultures maraîchères ; le ruisseau du Point du Jour à L'Assomption, en zone de pommes de terre.

Le glyphosate et son produit de dégradation, l'AMPA, sont détectés dans la majorité des échantillons depuis les années 2010, comme l'atrazine et le S-métolachlore. Les insecticides néonicotinoïdes (imidaclopride, clothianidine, thiaméthoxame) dépassent presque toujours le critère québécois de 0,0083 µg/l, un des plus stricts au monde. Le chiffre en haut de page est la dernière concentration mesurée ; le badge dit où elle se situe par rapport aux normes.

Trois normes sur chaque courbe

Chaque graphique porte en pointillé la limite du Québec (en bleu, le critère de qualité de l'eau pour la protection de la vie aquatique, effet chronique, dit CVAC, du MELCCFP), du Canada (en rouge, la recommandation du Conseil canadien des ministres de l'environnement pour la vie aquatique, exposition longue) et de l'Union européenne (en ambre, la valeur paramétrique de 0,1 µg/l par pesticide de la directive 2020/2184 sur l'eau potable, l'Europe n'ayant pas de norme commune pour les rivières). Les deux premières protègent les organismes aquatiques, la troisième l'eau du robinet ; leur écart, de un à huit mille pour le glyphosate, montre à quel point ces normes répondent à des questions différentes.

L'axe est logarithmique pour embrasser à la fois les limites de détection du laboratoire, autour du millième de microgramme, et le critère du glyphosate à 800 µg/l. Un échantillon où le pesticide n'a pas été détecté est posé sur le plancher du graphique et signalé comme tel.

Et au robinet ?

L'eau potable de Montréal est puisée dans le fleuve et le lac Saint-Louis, en amont de ces rivières agricoles, et traitée aux usines Atwater et Charles-J.-Des Baillets. La Ville publie ses analyses de pesticides dans un rapport annuel en PDF, sans jeu de données ouvert : en 2022, le glyphosate, l'atrazine, le dicamba et le métolachlore y sont tous « non détectés », avec des limites de détection de 0,1 µg/l pour l'atrazine et de 10 µg/l pour le glyphosate. Cette dernière est cent fois la norme européenne de 0,1 µg/l, cinquante fois sous la norme québécoise de 210 µg/l et vingt-huit fois sous la recommandation canadienne de 280 µg/l : au Québec et au Canada, le robinet est largement conforme ; à l'aune européenne, le laboratoire ne regarde pas assez fin pour le dire. Le plomb au robinet, lui, est suivi ici mois par mois sur la page Plomb au robinet.

Questions fréquentes

Ces rivières alimentent-elles Montréal en eau potable ?
Non. Elles se jettent dans le Saint-Laurent ou la rivière des Mille Îles en aval ou à distance des prises d'eau. Elles mesurent la pression des pesticides agricoles autour de la métropole, pas l'eau du robinet.
Pourquoi les données s'arrêtent-elles à l'été précédent ?
Le ministère publie les résultats d'une saison l'année suivante, une fois les analyses validées. La page se met à jour dès la parution du fichier.
Que veut dire « non détecté » ?
Que la concentration est sous la limite de détection de la méthode, souvent 0,001 à 0,01 µg/l. Le point est dessiné au plancher du graphique et compté comme zéro dans le chiffre héros.